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Assurance

Certificat APSAD : ce qu'il prouve à votre assureur

5 min de lectureAssurance
Façade en bardage métallique gris d'un entrepôt moderne au crépuscule, quais aux portes grises fermées, boîtier rouge de raccordement pompiers et cour vide

L'essentiel. Un certificat APSAD n'est pas un label de l'entreprise mais la preuve, datée, qu'une installation de sécurité précise est conforme à la règle APSAD qui la concerne. Pour un sprinkler, c'est le certificat de conformité N1, délivré après une visite du CNPP dans les 60 jours de la mise en service, puis entretenu par un compte rendu Q1 au moins tous les six mois.

« Merci de nous transmettre votre certificat APSAD » : la demande peut figurer dans un questionnaire d'assureur. Elle surprend l'exploitant qui pensait qu'avoir fait appel à un prestataire certifié suffisait. Derrière le mot « certificat », l'assureur attend en réalité un document bien précis, attaché à votre installation, et un suivi dans le temps.

Certification du prestataire, certificat de l'installation

La certification APSAD est une marque, délivrée par CNPP Cert., qui atteste la qualité du service rendu par un professionnel : installation, maintenance ou vérification d'un type de système donné. Elle est volontaire, mais souvent demandée.

Le certificat de conformité, lui, porte sur votre installation. Il dit : à telle date, ce réseau, dans ce bâtiment, répond à telle édition de la règle. C'est ce second document qui intéresse l'assureur, parce qu'il décrit le risque qu'il couvre. Notre article sur les règles et certifications APSAD détaille la différence entre les deux familles de référentiels, R et D.

Le parcours du sprinkler : du N1 au Q1

La brochure ED 828 de l'INRS, qui recense les vérifications périodiques des équipements de travail et des installations, décrit le parcours d'un réseau sprinkler conforme à la règle APSAD R1 :

Canalisation rouge suspendue sous une toiture blanche, têtes de sprinkler en laiton à ampoule rouge vissées à intervalles réguliers

  • Dans les 60 jours après la mise en service, une visite de conformité par le CNPP, qui aboutit au certificat de conformité N1 (règle R1, point 3.4). Elle porte notamment sur le dimensionnement des sources d'eau.
  • Chaque semaine, une vérification par la personne en charge du système désignée par l'employeur : niveau d'eau, démarrage des pompes, postes de contrôle, gong hydraulique, position des vannes. Elle se consigne sur le formulaire S1A.
  • Au plus tous les six mois, une vérification par une entreprise titulaire de la certification APSAD de service de vérification de systèmes sprinkler, qui remet un compte rendu de vérification Q1. Elle couvre les sources d'eau, les groupes motopompes diesel, les postes de contrôle et l'écoulement de l'eau.
  • Tous les ans, l'entretien du moteur diesel, consigné sur le formulaire S1B.
  • À 30 ans, une remise en conformité de l'installation par une entreprise certifiée APSAD (règle R1, point 18.9).

Ce que l'assureur lit dans ces documents, c'est donc à la fois l'état d'origine (N1) et son maintien (Q1 successifs, registres S1A et S1B). Un N1 ancien sans Q1 récents ne rassure personne. Nous organisons ce suivi dans notre offre de maintenance et vérification des sprinklers. Ce suivi a un coût dans la durée, et les prix de maintenance sur dix ans d'un poste et d'une tête sont relevés avec leur source.

Les autres certificats que l'assureur peut demander

Le même système de lettres s'applique aux autres équipements. La brochure ED 828 cite :

  • pour les robinets d'incendie armés, la déclaration de conformité N5 à la réception, puis le compte rendu Q5 de la maintenance annuelle (règle R5) ;
  • pour la détection automatique d'incendie, la déclaration de conformité N7 à la mise en service et un compte rendu de vérification Q7 lorsque l'entreprise est certifiée (règle R7) ;
  • pour l'extinction automatique à gaz, la déclaration de conformité N13 à la mise en service, puis le compte rendu Q13 des vérifications semestrielle et annuelle (règle R13) ;
  • pour les extincteurs, la déclaration N4 et le compte rendu Q4 (règle R4, dont le CNPP publie les modèles en annexe).

Le référentiel APSAD R2 sur le brouillard d'eau suit la même logique avec un certificat N2 et un compte rendu Q2, et le document D20 sur le photovoltaïque prévoit un compte rendu de contrôle Q20.

Une modification relance-t-elle l'examen ?

Oui, et c'est un point à anticiper. La règle R1 consacre un chapitre aux modifications, extensions ou remaniements, et un autre, le chapitre 19, aux extensions classées selon leur ampleur : de cinq têtes au plus jusqu'à plus de deux cents têtes. Elle traite aussi du dossier technique de l'installation et de la durée de validité du système. Concrètement, un nouveau rayonnage, une mezzanine, un changement de produits stockés ou une extension de bâtiment peuvent sortir le réseau de sa conception d'origine, même si le certificat N1 reste dans le classeur. Le compte rendu Q1 suivant risque de le relever, et l'assureur avec lui. Mieux vaut poser la question avant les travaux qu'après la visite du vérificateur.

Que faire si votre installation n'a jamais eu de N1 ?

La situation se rencontre sur des bâtiments rachetés ou des réseaux posés sans suivi APSAD. Deux voies existent : faire vérifier l'installation telle qu'elle est pour savoir où elle s'écarte de la règle, puis engager les travaux nécessaires avant de solliciter la visite de conformité. La règle R1 consacre des chapitres aux modifications, extensions et révisions de systèmes existants, avec des seuils selon le nombre de têtes concernées. C'est tout l'objet d'une mise en conformité APSAD R1.

Attention au raccourci qui consiste à demander « un certificat » à n'importe quel prestataire : le document doit venir de l'organisme ou de l'entreprise qui détient la certification correspondant exactement au service rendu, pour le type de système concerné. Vérifiez-la auprès de l'organisme certificateur.

Si votre assureur vous réclame un N1, un Q1 ou une remise à niveau et que vous ne savez pas lequel de ces documents manque, envoyez-nous sa demande et la liste de ce que vous possédez via le formulaire : nous vous dirons quelle étape reste à franchir.

Sources

FAQ

Questions fréquentes

Combien de temps après la mise en service le certificat N1 est-il délivré ?

La brochure ED 828 de l'INRS indique une visite de conformité par le CNPP dans les 60 jours qui suivent la mise en service de l'installation sprinkler, au titre du point 3.4 de la règle APSAD R1. Le certificat de conformité N1 conclut cette visite.

Le compte rendu Q1 remplace-t-il le certificat N1 ?

Non. Le N1 atteste la conformité de l'installation à sa mise en service. Le Q1 est le compte rendu de chaque vérification semestrielle réalisée ensuite par une entreprise certifiée APSAD de service de vérification. L'assureur regarde les deux : l'état d'origine et son maintien.

Un certificat APSAD est-il valable indéfiniment ?

Non. La règle R1 traite de la durée de validité du système, la vérification semestrielle suit son maintien et la brochure ED 828 prévoit une remise en conformité de l'installation à 30 ans par une entreprise certifiée APSAD. Une modification ou une extension relance aussi l'examen.

Demande d'étude par formulaire, en trois étapes

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